Pourquoi intégrer une sonde urinaire dans son kit de premiers soins ?

Un article de blog par Joël Schuermans

Lors d’une urgence vitale créée par un saignement massif dans une zone jonctionnelle, et a fortiori dans des situations où l’évacuation vers les soins médicaux spécialisés est retardée, la polyvalence et l’efficacité avérée des techniques de premiers secours sont déterminantes. Parmi ces techniques, l’utilisation d’un cathéter urinaire – une sonde de Foley – pour le contrôle des hémorragies jonctionnelles, mais pas que, représente une approche à la fois ingénieuse et efficace.

Contexte

Les hémorragies jonctionnelles sont celles qui se produisent aux jonctions entre les membres et le tronc ainsi qu’au cou. Ces saignements sont notoirement complexes à gérer en raison de leur emplacement difficilement accessible et soit résistent aux méthodes traditionnelles de contrôle des hémorragies (bourrage avec hémostatiques > woundpacking), soit en rendent tout simplement impossibles l’application, comme c’est le cas du garrot lors d’une plaie à l’aine, à l’aisselle ou au cou. Et bien que les garrots jonctionnels (SAM Junctional, JETT et autres) et le XSTAT  (seringues à éponges hémostatiques) puissent tous deux être utilisés pour ce type de blessures, ces dispositifs sont encore assez rares dans le contexte préhospitalier et restent coûteux, ce second point justifiant souvent le premier.

Dans cet article, nous allons explorer la pertinence et l’efficacité de l’utilisation d’une sonde de Foley, un dispositif principalement conçu pour la cathétérisation urinaire, comme moyen de contrôler ces hémorragies difficiles. Notre discussion s’articulera autour des avantages, des limites, et des considérations pratiques de cette méthode, offrant ainsi un aperçu précieux pour ceux qui se retrouveraient en première ligne des soins d’urgence ou projetés seuls dans des environnements austères ou en situation isolée.

« Initialement donc, son utilisation principale est la gestion de la rétention urinaire. »

Qu’est-ce qu’une sonde de Foley et à quoi sert-elle à l’origine ?

Une sonde de Foley, du nom de son inventeur Frederic Foley, est un dispositif médical couramment utilisé dans le domaine de la santé. Il s’agit d’un type de cathéter urinaire souple, généralement fabriqué en latex ou en silicone, conçu pour être inséré dans la vessie à travers l’urètre. La caractéristique distinctive de la sonde de Foley est son ballonnet gonflable à son extrémité, qui, une fois gonflé dans la vessie, permet de maintenir le cathéter en place pour une période prolongée. Les sondes de Foley sont disponibles en différentes tailles et longueurs pour s’adapter aux besoins anatomiques spécifiques de chaque personne. L’utilisation d’une sonde plus longue est nécessaire chez les hommes en raison de la distance plus grande entre l’urètre et la vessie chez ces derniers, ce qui nécessite une longueur supplémentaire pour assurer un positionnement correct et efficace de la sonde. Elle doit être un petit peu plus longue que l’urètre, qui mesure entre 3 et 4 cm chez une femme et entre 15 et 20 cm chez un homme. Initialement donc, son utilisation principale est la gestion de la rétention urinaire, que ce soit dans le cadre de procédures chirurgicales, de troubles de la miction, d’alitement avec une impotence fonctionnelle ou chez des personnes ayant perdu le contrôle de la vessie. En médecine, sa présence est quasi incontournable et son utilisation est très répandue tant dans la médecine d’urgence que dans les soins hospitaliers plus traditionnels.

L’utilisation classique d’une sonde de Foley consiste à passer le tube dans l’urètre et de le maintenir en place grâce au gonflage d’un ballonnet dans la vessie. L’ensemble est relié à un collecteur d’urine.

Quand la sonde de Foley est intégrée dans un kit urinaire, elle est fournie avec sac collecteur, gants, seringue, NS 0,9%, lubrifiant et les consommables pour un placement propre et académique.

Comment ça marche ?

Pour comprendre le fonctionnement de la tamponnade[1] par sonde de Foley dans le contrôle des hémorragies, il faut suivre les étapes de sa mise en œuvre.

Cela commence par l’insertion du cathéter de Foley directement dans la plaie hémorragique. Une fois en place, le ballonnet à l’extrémité du cathéter est gonflé avec une seringue contenant du sérum physiologique. Ce gonflement crée une pression directe sur le système vasculaire endommagé, arrêtant ainsi efficacement, grâce à la compression, le saignement. Pour assurer une efficacité maximale, il est important de bien ligaturer le cathéter afin d’éviter toute fuite et de maintenir une pression constante sur la plaie.

Dans la pratique, il s’est avéré efficace d’insérer une sonde urinaire de taille 18FR ou 20FR jusqu’au point de saignement, puis de gonfler le ballonnet avec de l’eau stérile ou saline (NS 0,9%) jusqu’à ce que le saignement cesse ou qu’une résistance soit ressentie lors d’un gonflage supplémentaire. Cette méthode a montré une efficacité moyenne de 92 % dans le contrôle des hémorragies dans plusieurs études[2]. Il est important de noter qu’il est déconseillé d’utiliser de l’air pour gonfler le ballonnet, car cela réduit la pression exercée sur le point de saignement et augmente le risque d’embolie gazeuse en cas de rupture du ballonnet. Habituellement, seulement 5 à 10 ml d’eau stérile ou saline (NS 0,9%) sont nécessaires pour obtenir l’effet désiré. Dans certains cas, l’utilisation d’un cathéter supplémentaire peut s’avérer nécessaire, bien que, dans une étude[3] portant sur 95 cas, 80 hémorragies ont été maîtrisées avec une seule sonde et 13 en ont réclamé deux.

Pour garantir que la sonde reste en place et exerce une pression adéquate sur le point de saignement, il est recommandé de suturer ou d’agrafer la peau au-dessus de l’insertion du cathéter (agrafes chirurgicales ou IT Clamp[4]). Une méthode alternative consiste à utiliser une pince hémostatique de Halstead (ou pince moustique) pour fixer le cathéter sur la peau. Clampez la sonde, puis fixer la pince moustique sur la peau pour l’ancrer en utilisant de l’adhésif chirurgical et/ou du film alimentaire. En cas de suture ou d’agrafage, il est conseillé de nouer le cathéter pour empêcher le sang de remonter dans la lumière interne du cathéter. Cette dernière étape est inutile si une pince hémostatique de Halstead est utilisée.

[1] La « tamponnade » dans ce contexte médical fait référence à une technique qui consiste à appliquer une pression directe sur une zone de saignement pour contrôler ou arrêter l’hémorragie.

[2] Foley catheter balloon tamponade for actively bleeding wounds following penetrating neck injury is an effective technique for controlling non-compressible junctional external haemorrhage, Kong V, Ko J, Cheung C, Lee B, Leow P, Thirayan V, Bruce J, Laing G, Khashram M, Clarke D., World J Surg, 2022.

– Management of life-threateing hemorrhage from maxillofacial firearm injuries using foley catheter balloon tamponade, Jose A., Cranimaxofac, 2019.

– An update on foley catheter balloon tamponade for penetrating neck injuries, M, McPherson D, Edu S, Nicol A, Navsaria P., World J Surg, 2020.

Improved mortality from penetrating neck and maxillofacial trauma using Foley catheter balloon tamponade in combat, Weppner J., J Trauma Acute Care Surg, 2013.

Navsaria P, Thoma M, Nicol A. Foley catheter balloon tamponade for life-threatening hemorrhage in penetrating neck trauma, World J Surg. 2006

[3] An update on foley catheter balloon tamponade for penetrating neck injuries, M, McPherson D, Edu S, Nicol A, Navsaria P., World J Surg, 2020.

[4] Ce dispositif médical de Innovative Trauma Care® est conçu pour le contrôle rapide et efficace des hémorragies externes. Il ressemble à une petite pince ou un agrafeur et fonctionne en fermant mécaniquement les bords d’une plaie pour arrêter le saignement.

Pince hémostatique de Halstead, aussi appelée « pince moustique » est un instrument chirurgical qui sert à clamper un vaisseau circulaire ou un tube, comme une sonde Foley.

Zoom sur un ballonnet de 10ml et un de 30ml rempli avec de la saline (NS 0,9%). Notez la différence évidente de volume et de potentiel de compression. C’est la raison pour laquelle il s’agit de privilégier les ballonnets 30ml lors de la confection d’un kit de secours.

« La technique a été comparée à l’utilisation d’une gaze hémostatique, l’avantage est en faveur de la sonde de Foley avec un taux de réussite de 95 % contre 89 %. »

(a) Un coup de couteau va entrainer une plaie ouverte étroite, mais profonde pouvant atteindre des structures tissulaires ou des vaisseaux sanguins qui saigneront abodamment sans que l’accès pour une tamponnade soit possible.

(b) Le ballonnet gonflé de la sonde de Foley va faire pression sur les vaisseaux et les tissus entourant le saignement. Cette compression est également appelée tamponnade.

Croquis illustrant la compression d’une carotide par le ballonnet d’une sonde Foley introduite par une perforation étroite provoquée par une arme blanche.

Lors d’une utilisation dans le thorax, le ballonnet est retiré après insertion et gonflement au moyen d’une pince moustique pour empêcher toute fuite. Cette opération va compresser les vaisseaux sous la clavicule ou sur une côte, entraînant l’arrêt du saignement.

Est-ce que ça marche et pourquoi ?

La pratique de l’insertion d’une sonde urinaire ou de Foley dans une plaie saignante pour appliquer une pression directe sur la source de l’hémorragie n’est pas nouvelle. En effet, l’utilisation d’une sonde à ballonnet pour contrôler les hémorragies remonte à plus d’un siècle. La première utilisation documentée date de 1906, lorsqu’une telle sonde a été utilisée pour arrêter une hémorragie massive provenant d’une blessure au foie, causée par une balle tirée avec un pistolet de calibre 44[1].

Cette technique n’est donc pas une innovation fantaisiste ou un truc magique, elle est employée dans de nombreux services de traumatologie à travers le monde, principalement dans le traitement de plaies pénétrantes au niveau du cou accompagnées d’une hémorragie active. Cette méthode – les différents contextes et zones anatomiques d’application – sont, contrairement à d’autres techniques de contrôle hémorragique, plutôt bien documentées et de manière neutre. La majorité des études et publications médicales sur cette méthode proviennent d’Afrique du Sud où elle a été largement adoptée et étudiée. Toutefois, des études d’efficacité ont également été menées par l’armée américaine en Afghanistan ou dans des services de traumatologie sud-américains. Tous les résultats de ces différentes études et retours d’expérience au sujet de cette utilisation spécifique de la sonde de Foley mettent en lumière son haut potentiel pour les situations de soins d’urgence où les options conventionnelles sont limitées.

[1] The progress of liver hemostasis—reports of cases, Schroeder WE., Surg Gynecol Obstet, 1906.

Patient réel dont l’hémorragie au cou provoquée par un coup de couteau a été contrôlée au moyen d’une sonde Foley.

L’exemple sud-africain

Pour rappel, certains endroits de ce pays d’Afrique australe connaissent des taux de blessures pénétrantes par arme blanches et par arme à feu supérieurs à certaines zones de conflit. L’expérience de leurs trauma centers est considérable en ces domaines. Dans ces contextes, la technique de tamponnade avec sonde de Foley a été appliquée principalement pour gérer les hémorragies au cou chez 139 patients, avec une prédominance de blessures par arme blanche, représentant 91% des cas étudiés, et le reste étant des blessures par balle. Récemment, une étude approfondie[1] menée à l’Hôpital Groote Schuur a jeté une lumière nouvelle sur cette méthode ancestrale, révélant des résultats impressionants et inspirants pour nos pratiques. Au fil de 22 mois, les médecins de cet hôpital sud-africain ont observé 628 cas de blessures pénétrantes au cou. Dans 15,2 % de ces cas, soit chez 95 patients, la sonde de Foley est intervenue comme un sauveur silencieux. Majoritairement utilisée pour des hommes jeunes, avec un âge moyen de 27,9 ans, cette technique a été le plus souvent employée pour des blessures infligées par des coups de couteau, représentant 90,5 % des incidents.

La réalité du terrain montre que, dans la plupart des cas (81,1 %), cette sonde salvatrice a été mise en place avant même l’arrivée des victimes à l’hôpital.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : trente-quatre lésions artérielles graves identifiées chez 29 patients avec un taux de succès stupéfiant de 97 % pour le contrôle des hémorragies grâce à l’utilisation de la sonde de Foley. Seuls trois patients ont continué à saigner malgré l’intervention. Certes, 13,7 % des patients ont dû subir en intra-hospitalier une exploration plus approfondie du cou avec une intervention chirurgicale, mais 75,8 % des patients sans lésion artérielle majeure ont vu leur cathéter retiré sereinement après 48 à 72 heures.

Cette étude mentionne toutefois les défis et les complications, avec 36 complications documentées chez 28 patients, reflétant la complexité des cas traités, un patient ayant même perdu la vie à cause d’une hémorragie non maîtrisée. Néanmoins, le message global reste positif : la tamponnade par sonde de Foley, une technique à la fois simple et révolutionnaire, offre un taux de succès remarquable de 97 % pour le contrôle des hémorragies dans les blessures pénétrantes au cou, gérant efficacement tant les lésions veineuses que les lésions artérielles mineures.

Comme dit et bien que cette technique ait été mieux étudiée pour les plaies hémorragiques du cou, elle a été utilisée dans d’autres zones anatomiques. En Afrique du Sud, elle est également couramment utilisée pour les plaies hémorragiques de la région supra-claviculaire, c’est-à-dire au-dessus de la clavicule. Les lésions de l’artère ou de la veine sous-clavière peuvent être difficiles à traiter en préhospitalier. Trop étroites et trop profondes pour être atteintes avec une technique de méchage (woundpacking), l’intervenant est souvent dépourvu d’alternative quand cette méthode ne parvient pas à arrêter le saignement qui dès lors sera souvent fatal. Dans ce cas, le cathéter est inséré comme d’habitude, puis tiré vers le haut contre la première côte ou la clavicule et fixé en place. Contrairement à la technique de bourrage de gaze qui doit remplir toute la poche de la plaie pour générer une pression sur le point de saignement, ce qui ne peut pas se produire sans toucher un fond et des parois, cette technique de cathéter peut être utilisée même si la cavité de la plaie elle-même n’est pas entièrement comblée[2].

 

[1] An Update on Foley Catheter Balloon Tamponade for Penetrating Neck Injuries,

Matthias Scriba, Deidre McPherson, Sorin Edu, Andrew Nicol, Pradeep Navsaria, World J Surg, 2020.

[2] Foley catheter balloon tamponade for actively bleeding wounds following penetrating neck injury is an effective technique for controlling non-compressible junctional external haemorrhage, Kong V, Ko J, Cheung C, Lee B, Leow P, Thirayan V, Bruce J, Laing G, Khashram M, Clarke D., World J Surg, 2022.

Le cas israélien

Une note assez récente a tiré les conclusions suite à un examen préliminaire sur les victimes israéliennes de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Cet examen post-mortem a noté de nombreuses blessures par balle dans les zones jonctionnelles, des plaies qui étaient « étroites et ne se prêtaient pas au méchage de la plaie (woudpacking) ».  Sur la base de leur autopsie, les médecins militaires ont déterminé que les sondes urinaires à ballonnet constituaient une « technique appropriée » pour arrêter les hémorragies massives de ce type de blessures et encouragent à présent une utilisation plus large au sein des troupes israéliennes.

Extrait du document déclassifié[1] des Forces Armées Israéliennes (IDF[2]) :

De nombreuses blessures par balle ont provoqué des hémorragies par voie étroite dans des zones de jonction qui ne se prêtaient pas à la tamponnade. Les cathéters à ballonnet (cathéters de Foley) ont été identifiés comme une technique appropriée pour la tamponnade dans ces cas, et cette méthode a été à présent expliquée à tous les prestataires de soins avancés (ALS) des IDF. Un court clip vidéo didactique leur a également été fourni.

[1] Leçons apprises de la guerre Hamas-Israël – Résumé semaine 1 – point 5, IDF, 2023.

[2] Israel Defense Force

En Afghanistan

La technique a également été étudiée dans un hôpital militaire avec 11 blessés au cou par balle et par grenade ainsi que dans un poste d’aide avancé où le mécanisme lésionnel pour les blessures au cou était en grande majorité un engin explosif improvisé et une arme à feu[1]. La technique a été comparée à l’utilisation d’une gaze hémostatique (Combat Gauze). Bien que le taux de survie final soit assez similaire entre les deux groupes de traitement, l’avantage est en faveur de la sonde de Foley avec un taux de réussite de 95 % contre 89 % pour la gaze hémostatique. Mais surtout ceux qui ont été traités par méchage avec de la gaze hémostatique ont davantage saigné à nouveau (29 % contre 7,5 %) après le contrôle initial de l’hémorragie.

[1] – Management of life-threateing hemorrhage from maxillofacial firearm injuries using foley catheter balloon tamponade, Jose A., Cranimaxofac, 2019.

Improved mortality from penetrating neck and maxillofacial trauma using Foley catheter balloon tamponade in combat, Weppner J., J Trauma Acute Care Surg, 2013.

Patient victime de coups de couteau. 4 sondes Foley ont été nécessaires pour contrôler complètement l’hémorragie au cou. Notez la pose d’un drain thoracique pour traiter un hémothorax provoqué par un autre coup de couteau.

L’ITClamp est conçu pour le contrôle rapide et efficace des hémorragies externes. Il ressemble à une petite pince ou un agrafeur et fonctionne en fermant mécaniquement les bords d’une plaie pour arrêter le saignement.

« La technique a été comparée à l’utilisation d’une gaze hémostatique, l’avantage est en faveur de la sonde de Foley avec un taux de réussite de 95 % contre 89 %. »

Au niveau matériel, de quoi a-t-on besoin ?

Les avantages considérables de la tamponnade par sonde de Foley dans la gestion des hémorragies sont la simplicité et l’accessibilité du matériel requis. En effet, cette technique ne nécessite pas un équipement complexe ou coûteux et il n’y a pas besoin d’être un professionnel du monde médical pour pouvoir l’acheter. Les éléments-clés sont une sonde de Foley standard 18FR ou 20FR, disponible dans la plupart des magasins de matériel paramédical et médical ou sur internet, et une seringue contenant du sérum physiologique pour le gonflement du ballonnet. Ces composants sont non seulement abordables, mais également peu encombrants et légers, ce qui les rend particulièrement adaptés pour les situations d’urgence dans des environnements austères ou éloignés.

La sonde de Foley elle-même est un dispositif petit et flexible, facile à transporter et à stocker, sans réelle date de péremption. La seringue requise pour le gonflement du ballonnet est également un élément standard dans tout kit de premiers secours. Ensemble, ces deux éléments n’occupent qu’un espace minimal et leur manipulation est simple, même pour des individus avec peu de connaissances médicales avancées.

En outre, pour fixer la sonde en place, des sutures ou des agrafes cutanées peuvent être nécessaires – pas indispensables cependant – ces outils sont également des composants faciles à acquérir.  En résumé, la mise en œuvre de la tamponnade par sonde de Foley pour le contrôle des hémorragies est une procédure qui se distingue par sa simplicité matérielle et technique.

« Les avantages considérables de la sonde de Foley sont la simplicité et l’accessibilité du matériel requis. »

Conclusion

La technique de tamponnade par ballonnet de sonde urinaire, bien qu’encore trop souvent sous-estimée, a prouvé et continue de prouver son efficacité, notamment dans le traitement des plaies à voies étroites. Cette méthode, qui relève de la sphère préhospitalière, se distingue par sa viabilité et la simplicité de l’équipement médical requis. Dans de nombreux protocoles, notamment ceux adoptés par les services de traumatologie en Afrique du Sud, le cathéter est laissé en place gonflé pendant 24 à 48 heures[1]. Passé ce délai, il est dégonflé et, en l’absence de saignement actif, retiré sans nécessiter d’intervention chirurgicale spécifique. Cette approche non seulement simplifie la gestion des soins d’urgence, mais pourrait également s’avérer extrêmement bénéfique dans le cadre des SPT où les ressources sont limitées et les délais d’évacuation allongés.

Ainsi, la tamponnade par sonde de Foley se révèle être une technique précieuse, offrant une réponse efficace et pratique à certaines des situations les plus délicates en matière de soins d’urgence, tout en restant accessible et facilement intégrable dans les équipements de premiers secours standard.

[1] The selective non-operative management of penetrating cervical venous trauma is safe and effective, Madsen AS., World J Surg, 2018.

«  La technique pourrait également s’avérer extrêmement bénéfique dans le cadre des SPT (Soins Prolongés sur le Terrain). »